Un bon projet est avant tout un dossier solidement préparé et bien étudié.
Si vous devez entreprendre demain en franchise et si vous souhaitez opter pour un statut de commerçant juridiquement indépendant, lié par un contrat de franchise, alors sachez que votre succés et votre réussite sont non seulement liés à la force du concept et du savoir-faire de votre franchiseur, mais aussi à votre capacité de vous entourer de conseils qualifiés afin d’éviter les pièges qui vont se présenter à vous dans l’étude de faisabilité de votre projet.
La franchise n’est pas en soit une assurance tous risques, vous devez travailler sérieusement la réalité des éléments qui vous sont communiqués par votre partenaire commercial, dénommé le franchiseur.
Les statistiques précisent que sur 250000 entreprises crées chaque année, environ 50% ne passent pas le cap des cinq années, avec une mortalité moins forte dans les réseaux de franchise, en raison de la préparation et du sérieux apporté par le concept et le savoir faire de votre partenaire. Ce taux de mortalité n’est pas une fatalité si vous savez éviter les écueils, et le système de la franchise est et doit être en soit, un réducteur de risques, en raison de l’exemplarité du système développé et expérimenté.
Toutefois, pour augmenter vos chances de réussite vous aurez à suivre les règles suivantes, du 1° contrat que vous vous devez de signer avec vous même, vous permettant d’optimiser la viabilité de votre projet, avant toute signature d’un contrat de franchise.
Article 1: Ne pas confondre vitesse et précipitation :
Quand bien même vous auriez détecté l’idée géniale qui pourrait être implantée sur un lieu vous semblant prédestiné, il vous faut donner du temps au temps et la Loi Doubin est en partie là pour vous permettre de prendre le recul nécessaire pendant une période minimale de 21 jours après réception du Document D’Information Pré contractuel.
Vous devez absolument juger et analyser :
A) La valeur de votre franchiseur, et notamment son ancienneté dans la profession, visiter des magasins exploitant l’enseigne en interrogeant les franchisés en place et analyser leur bilan, et demander à intégrer une unité pilote durant deux à trois jours, pour être bien certain du choix que vous allez faire.
B) Le risque commercial à travers vos moyens personnels en terme de profil psychologique et financier. Sont-ils optimisés pour mettre à profit le projet d’exploitation du concept qui vous a séduit ?
C) Le franchiseur pourra t-il mettre véritablement en place à votre profit et à vos côtés des structures d’accompagnement vous permettant l’ouverture du votre point de vente, tels qu’aide à la recherche d’un point de vente, analyse des baux, aide au montage du dossier financier, analyse comparative des devis d’agencement etc….
Article 2: Ne pas se lancer sans une étude de marché locale:
Même en pensant que votre intuition et vos moyens financiers vous dirigent tout droit sur l’idée du siècle, prenez le temps de faire une fine analyse du marché local, qui n’est pas une obligation légale à la charge du franchiseur, qui ne se doit de vous remettre qu’une étude générale du marché sur le territoire national.
Vous devez demander au franchiseur de vous communiquer les clefs d’une analyse fine du potentiel dans le secteur géographique qui vous concerne, afin de pouvoir recouper les informations en votre possession avec celles qui vous seront communiquées localement par les assistants des chambres de commerce, les éventuels concurrents sur le secteur, les banquiers de la région, les experts comptables et autres acteurs économiques, tels que le conseil régional par exemple.
Sur base des informations finement recueillies < état de l’offre et de la demande > pour pourrez faire des projections de stratégie commerciale et de positionnement d’emplacement qui seront quantifiables, vous permettant de réduire considérablement vos risques d’un échec cuisant.
Article 3 : Ne pas négliger le choix d’un excellent emplacement:
Faut-il choisir une implantation en centre ville, en périphérie de ville dans un centre commercial, dans une rue piétonne ou sur un axe très passant en terme de circulation !!!!
Le choix est cornélien, et doit se décider selon des arbitrages précis, qui tiendront compte, d’une part de l’analyse constatée de votre franchiseur, et de votre étude de marché locale.
En raison par ailleurs, des valeurs de cession des droits au bail ou fonds de commerce, ici l’erreur ne peut pardonner.
Il vous faudra faire par ailleurs très attention à la bonne rédaction des baux qui vous seront soumis, afin de ne pas signer d’engagements sans une analyse très fine, qui sera abordée dans un prochain article.
Article 4: Ne pas négliger le montage d’un très bon dossier financier:
Les banquiers ne sont pas tous des gens réticents, vis à vis des créateurs d’entreprises, mais surtout vis à vis de ceux qui se présentent à eux sans un dossier bien structuré.
Ainsi il ne faut pas aller voir son banquier sans budget prévisionnel sérieux, et sans business plan crédible. Les prêteurs doivent être sécurisés, et dans ce cas il est indispensable que votre franchiseur communique à ses partenaires banquiers les informations générales sur votre prochaine ouverture, afin que le banquier de votre ville soit informé de votre prochaine visite, en ayant au préalable obtenu des informations par la direction de son siège, sur la lisibilité de l’enseigne au niveau national.
Il vous faudra donc présenter en plus de votre projet commercial sur la franchise les éléments suivants :
- le plan de financement initial, ainsi que pour les trois prochaines années,
- le compte de résultat prévisionnel sur trois ans,
- le plan de trésorerie prévisionnel de la première année,
Article 5: Ne pas négliger le choix de statuts juridiques personnalisés:
Cette étape est capitale, car elle va induire votre futur statut fiscal. Ce choix dépendra de votre situation individuelle telle que régime matrimonial, situation professionnelle de votre conjoint, besoins prévisionnels nécessaires et l’engagement d’éventuelles cautions ou garanties.
De cette analyse fine, il conviendra de se diriger vers des créations de Sociétés Anonymes, S.C.I., SARL ou EURL.
Article 6 : Ne pas négliger la discussion du contrat de franchise :
Il n’existe pas de contrats types en franchise, mais des types de contrats.
Dès lors vous aurez à cœur de bien étudier et ne pas négliger de négocier certaines clauses telles que : zone d’exclusivité, droits de préemption, frais d’installation et d’agencement, clauses d’approvisionnements, clauses de non concurrence etc…………
Ainsi, si vous savez respecter les différentes clauses de ce premier contrat que vous vous êtes imposés avec vous-même et que vos perceptions du concept sont en parfaite harmonie avec votre sensibilité, alors vous pouvez demander à votre franchiseur de passer à la signature du contrat de franchise qui vous unira pour de longues années, avec le ferme espoir que les deux parties grandiront ensemble dans le cadre d’un enrichissement humain et financier commun.